Les meilleures stratégies de revenu de retraite au Québec

Les meilleures stratégies de revenu de retraite au Québec

Une fois à la retraite, la question sera différente. Il ne s’agit plus seulement de faire croître votre patrimoine, mais plutôt de savoir comment le transformer en revenu. Combien puis-je retirer chaque année? Devrais-je demander les versements de la rente du RRQ maintenant ou attendre? Comment éviter de payer plus d’impôt que nécessaire? Mon épargne sera-t-elle suffisante pour toute ma vie?

Pour plusieurs Québécois, le revenu de retraite provient d’un mélange de sources : la rente du Régime de rentes du Québec (RRQ), la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV), un régime de retraite d’employeur, un REER, un FERR, un CRI, un FRV, un CELI ou des placements non enregistrés. La bonne stratégie ne dépend pas seulement du montant accumulé, mais aussi du moment où vous demanderez vos prestations gouvernementales, mais également de l’ordre dans lequel vous utiliserez vos différents comptes de placement et de la façon dont vous gérerez votre revenu imposable au fil des ans.

Deux retraités ayant exactement le même patrimoine peuvent obtenir des résultats très différents selon les décisions qu’ils prennent. Dans certains cas, les écarts peuvent représenter des dizaines de milliers de dollars au cours de la retraite. Le montant accumulé est important, mais la façon dont cet argent est utilisé à la retraite l’est tout autant.

Comprendre vos sources de revenu de retraite

Une erreur fréquente consiste à examiner chaque source de revenu séparément. Dans la réalité, toutes vos sources de revenu interagissent entre elles. Le moment où vous commencez la rente du RRQ peut influencer les montants de vos retraits REER/FERR, vos retraits REER/FERR peuvent avoir un effet sur votre fiscalité, et votre revenu imposable peut même avoir une incidence sur l’admissibilité à certaines prestations gouvernementales.

C’est pourquoi la planification du revenu de retraite consiste à regarder l’ensemble du portrait financier plutôt qu’une seule pièce du casse-tête. Plus les décisions sont coordonnées, plus vous avez de chances de conserver une plus grande partie de votre revenu après impôt.

La RRQ : plus qu’une simple rente

La rente du Régime de rentes du Québec représente une source importante de revenu garanti pour de nombreux retraités. Vous pouvez commencer à recevoir votre rente avant ou après 65 ans, et le moment choisi aura un impact permanent sur le montant que vous recevrez. Recevoir la rente du RRQ plus tôt procure un revenu immédiat, mais réduit les versements mensuels à vie. À l’inverse, reporter la rente augmentera le revenu futur. Après 65 ans, la rente augmente généralement de 0,7 % par mois de report, soit 8,4 % par année, jusqu’à 72 ans.

Cela ne signifie pas que tout le monde devrait attendre le plus longtemps possible. Prenons l’exemple d’une personne qui prend sa retraite à 60 ans avec un compte de placement REER bien garni. Si elle est capable de vivre temporairement à partir de son épargne, elle pourrait reporter les versements de la rente du RRQ et obtenir un revenu garanti plus élevé par la suite. À l’inverse, une personne ayant besoin de revenus immédiatement ou dont l’espérance de vie est plus limitée pourrait faire un choix différent. Comme souvent en planification financière, la meilleure réponse dépend de votre situation.

Le risque de longévité : un enjeu souvent sous-estimé

Lorsque les gens pensent aux risques à la retraite, ils pensent souvent aux marchés financiers. Pourtant, l’un des plus grands risques est de vivre plus longtemps que prévu.

Personne ne sait s’il vivra jusqu’à 75 ans, 90 ans ou même 100 ans. Cette incertitude influence presque toutes les décisions liées au revenu de retraite. Une stratégie qui semble appropriée à 65 ans peut paraître beaucoup moins avantageuse 25 ans plus tard.

C’est notamment pour cette raison que les revenus garantis comme la rente du RRQ et la PSV sont si importants. Contrairement à un portefeuille de placements, ces prestations continuent d’être versées aussi longtemps que vous êtes admissible. La retraite ne consiste donc pas seulement à maximiser votre revenu aujourd’hui. Il faut aussi s’assurer de disposer d’un revenu suffisant dans 20 ou 30 ans.

La PSV et la récupération : penser au-delà du revenu brut

La pension de la Sécurité de la vieillesse est une autre composante importante du revenu de retraite. Contrairement à la rente du RRQ, elle n’est pas liée directement à vos cotisations durant votre carrière, mais principalement à vos années de résidence au Canada.

Vous pouvez choisir de reporter la prestation de la PSV afin de recevoir une prestation plus élevée plus tard. Toutefois, plusieurs retraités découvrent après coup l’existence de la récupération de la prestation de la PSV. Lorsque le revenu dépasse certains seuils, une partie des prestations peut être récupérée. Pour les personnes ayant des revenus élevés, cette récupération agit essentiellement comme un impôt supplémentaire.

C’est pourquoi il ne faut pas seulement regarder le taux d’imposition lorsque vous planifiez vos retraits. L’impact sur les prestations gouvernementales mérite également votre attention. Une bonne stratégie de décaissement peut parfois réduire à la fois votre facture fiscale et le risque de récupération de la PSV.

REER et FERR : le moment des retraits peut faire une grande différence

Pendant votre carrière, le compte REER est surtout un outil de report d’impôt. À la retraite, la question devient différente : quand est-il préférable de retirer cet argent?

À 71 ans, un REER doit généralement être converti en FERR ou utilisé pour acheter une rente. Les retraits minimums d’un FERR débutent ensuite l’année suivante. De nombreux retraités supposent qu’il est toujours préférable d’attendre le plus longtemps possible avant de toucher à leur REER/FERR. Pourtant, cette approche n’est pas nécessairement optimale.

Prenons l’exemple d’une personne qui prend sa retraite à 60 ans. Entre le début de sa retraite et les années où la rente du RRQ, la prestation de la PSV et les retraits obligatoires du FERR commenceront à s’accumuler, elle pourrait disposer de plusieurs années où son revenu imposable est relativement faible. Ces années peuvent représenter une occasion intéressante d’effectuer des retraits graduels du REER/FERR à un taux d’imposition plus avantageux.

Dans certains cas, des retraits volontaires du REER/FERR avant 71 ans permettent même de profiter de tranches d’imposition plus faibles plutôt que de laisser les sommes s’accumuler pour plus tard au cours de la retraite. À l’inverse, attendre trop longtemps peut entraîner une concentration de revenus provenant du FERR, de la rente du RRQ, de la prestation de la PSV, d’une rente de retraite d’employeur et des placements non enregistrés. Cette accumulation peut avoir pour conséquence une facture fiscale plus élevée et parfois une récupération partielle ou totale de la prestation de la PSV.

L’objectif n’est pas de vider rapidement son REER/FERR. Il s’agit plutôt de réfléchir à l’ensemble de la période de retraite plutôt qu’à l’année en cours seulement. C’est souvent à cette étape que les erreurs peuvent coûter le plus cher. Un plan de décaissement personnalisé peut permettre de réduire l’impôt, de préserver l’admissibilité à certaines prestations gouvernementales et d’augmenter le revenu disponible à long terme.

Le CELI : un outil particulièrement utile à la retraite

Le CELI est souvent associé à l’épargne pendant les années de travail. Pourtant, plusieurs retraités découvrent qu’il est encore plus utile une fois leur carrière terminée.

Les retraits du CELI ne sont pas imposables et ne sont habituellement pas inclus dans le calcul du revenu utilisé pour déterminer l’admissibilité à plusieurs prestations gouvernementales. Cette flexibilité permet notamment de compléter un revenu temporairement, de financer une dépense importante, d’aider un enfant ou un petit-enfant ou encore de remplacer une voiture sans nécessairement augmenter son revenu imposable.

Pour plusieurs retraités, le CELI devient une réserve stratégique qui permet de mieux contrôler le revenu déclaré d’une année à l’autre et de compléter les autres sources de revenu lorsque cela est avantageux sur le plan fiscal. 

Les régimes de retraite d’employeur

Les retraités qui bénéficient d’un régime de retraite à prestations déterminées disposent souvent d’une base de revenu stable et prévisible. Cette situation simplifie certaines décisions, mais elle ne les élimine pas.

Même avec des revenus en provenance d’une rente de retraite d’employeur, il faut déterminer quand commencer à recevoir la rente de la RRQ, s’il est judicieux d’effectuer des retraits de REER/FERR avant 71 ans ou encore comment répartir certaines sources de revenu entre conjoints. Une rente qui provient d’un régime de retraite d’employeur peut également avoir un effet important sur le revenu imposable global d’un ménage.

Important n’est donc pas seulement le montant reçu de chaque source de revenu. Ce qui compte réellement, c’est le revenu net qui reste après impôt.

La fiscalité à la retraite : éviter les mauvaises surprises

Certaines personnes croient que l’impôt devient moins important à la retraite. Dans les faits, la fiscalité continue souvent de jouer un rôle majeur.

Les revenus provenant de la rente de la RRQ, de la prestation de la PSV, des régimes de retraite d’employeur et des retraits du FERR sont généralement imposables. Lorsqu’un retraité reçoit des revenus de plusieurs sources, l’impôt retenu à la source n’est pas toujours suffisant et le résultat peut être un solde important à payer lors de la production de la déclaration de revenus.

Certains retraités sont également surpris d’apprendre qu’ils doivent effectuer des acomptes provisionnels, même s’ils ne travaillent plus. Une décision prise aujourd’hui peut avoir des conséquences fiscales pendant plusieurs années. C’est souvent là que des occasions d’économies d’impôt peuvent se présenter.

L’objectif n’est pas nécessairement de payer moins d’impôt cette année. Il s’agit souvent de payer moins d’impôt sur l’ensemble de votre retraite.

Les erreurs les plus fréquentes en planification du revenu de retraite

Certaines erreurs reviennent régulièrement chez les nouveaux retraités.

Commencer automatiquement la RRQ à 65 ans

Il s’agit d’un choix fréquent, mais ce n’est pas nécessairement le meilleur pour tout le monde.

Reporter les retraits du REER/FERR sans avoir de stratégie

Attendre le plus longtemps possible peut parfois augmenter l’impôt payé plus tard durant la retraite.

Ne pas tenir compte de la récupération de la PSV

Plusieurs retraités sous-estiment l’impact de leurs retraits sur leurs prestations gouvernementales.

Ignorer l’impôt après la retraite

Le revenu disponible après impôt devient souvent une source de préoccupation plus importante que le revenu brut.

Ne pas réviser son plan

Une retraite peut durer plus de 30 ans. Votre stratégie devrait évoluer avec votre situation, les marchés financiers, les règles fiscales, ainsi que vos objectifs. 

La meilleure stratégie de revenu de retraite doit être personnalisée

Il n’existe pas de stratégie universelle pour tous les retraités. La question n’est pas seulement de savoir combien vous avez accumulé pour la retraite, mais aussi comment utiliser cette épargne de la façon la plus efficace possible.

Le moment où vous demandez la rente de la RRQ et la PSV, les retraits de votre REER ou de votre FERR, l’utilisation de votre CELI et la gestion de votre fiscalité peuvent avoir un impact important sur votre revenu disponible pendant plusieurs décennies. Deux personnes ayant le même niveau d’épargne peuvent obtenir des résultats très différents simplement en raison de la façon dont elles décident de décaisser leurs actifs.

Une stratégie bien réfléchie peut vous permettre de conserver davantage de votre argent, de réduire les surprises fiscales et de diminuer le risque de manquer d’argent plus tard au courant de la retraite.

Il peut être difficile d’évaluer par soi-même quand demander la rente de la RRQ ou la prestation de la PSV, combien retirer de son REER/FERR ou de quelle manière coordonner efficacement ses différentes sources de revenu.

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Cet article est fourni à des fins éducatives seulement et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les stratégies et les informations présentées peuvent ne pas convenir à votre situation particulière ou ne plus être à jour. Veuillez consulter un professionnel autorisé afin d’obtenir des conseils adaptés à votre situation.