Planification de la retraite au Québec : 6 particularités à connaître
Plusieurs stratégies de retraite sont présentées comme applicables partout au Canada. Pourtant, les résidents du Québec doivent composer avec certaines règles fiscales, successorales et gouvernementales qui leur sont propres.
Cela ne veut pas dire que tout est différent au Québec. Cependant, certaines décisions importantes — comme le moment où demander la rente du Régime de rentes du Québec (RRQ), la façon de décaisser un REER/FERR ou encore la planification successorale — méritent souvent une analyse particulière.
Pour plusieurs retraités, l'objectif n'est pas seulement d'accumuler suffisamment d'épargne afin d’être en mesure de cesser de travailler. Il s'agit aussi de maximiser leur revenu après impôt, de prendre de bonnes décisions au bon moment et de faciliter la transmission de leur patrimoine.
Voici six particularités que les Québécois devraient connaître lorsqu'ils préparent leur retraite.
1. Le RRQ est l'équivalent québécois du RPC
Les travailleurs québécois cotisent au Régime de rentes du Québec (RRQ) plutôt qu'au Régime de pensions du Canada (RPC). Bien que les deux régimes poursuivent le même objectif, ils sont administrés séparément et comportent certaines différences quant aux cotisations et aux prestations.
Comme pour le RPC, il est possible de commencer à recevoir une rente du RRQ dès 60 ans. Il est également possible de reporter le début des prestations au-delà de 65 ans, jusqu'à 72 ans selon l'année de naissance pour le RRQ et 70 ans pour le RPC.
Le choix du moment où demander sa rente est l'une des décisions importantes de la retraite, puisqu'une décision prise à 60, 65, 70 ou 72 ans peut influencer le revenu de retraite pendant des décennies.
Avant de prendre cette décision, il est important d'évaluer plusieurs facteurs :
- votre état de santé;
- vos autres sources de revenus de retraite;
- vos besoins financiers à court terme;
- la situation financière de votre conjoint;
- vos objectifs à long terme.
Dans certains cas, reporter la rente du RRQ peut être avantageux. Dans d'autres cas, commencer plus tôt peut être la meilleure option. Il n'existe pas de réponse universelle.
2. Les retraités québécois produisent deux déclarations de revenus
Contrairement aux résidents des autres provinces, les Québécois doivent produire une déclaration de revenus fédérale ainsi qu'une déclaration provinciale distincte.
Cette réalité ajoute un peu de complexité, mais elle crée aussi des occasions de planification. Les règles entourant certains crédits d'impôt, déductions et revenus de retraite ne sont pas toujours identiques à celles observées ailleurs au pays.
Par exemple, le moment choisi pour retirer des sommes d'un REER ou d'un FERR peut avoir une incidence sur :
- l'impôt payable;
- le revenu net disponible;
- certaines prestations gouvernementales;
- le patrimoine qui pourra éventuellement être transmis aux héritiers.
Pour les propriétaires d'entreprise, les retraits d'une société peuvent également entrer en ligne de compte.
À la retraite, ce n'est pas seulement le revenu brut qui compte. Ce qui importe réellement, c'est ce qu'il en reste après impôt.
3. La planification successorale comporte des particularités importantes
Le Québec se distingue également par son cadre juridique, qui influence plusieurs aspects de la planification successorale.
Par exemple, la personne responsable de régler une succession porte généralement le titre de liquidateur plutôt que celui d'exécuteur testamentaire. Les règles entourant les successions, les droits des conjoints et certaines procédures administratives diffèrent aussi de celles en vigueur dans les autres provinces.
Le Québec possède également ses propres règles concernant :
- le testament notarié;
- le mandat de protection;
- le rôle du liquidateur;
- les étapes du règlement d'une succession.
Ces éléments deviennent particulièrement importants pour les familles qui possèdent une entreprise, des immeubles ou un patrimoine réparti dans plusieurs provinces. Une planification bien coordonnée peut contribuer à simplifier le règlement d'une succession et à mieux respecter les objectifs de transmission du patrimoine.
4. Le partage du revenu peut nécessiter une analyse différente
À la retraite, la question n'est pas seulement de savoir combien d'argent un couple reçoit, mais aussi quel montant il conservera après impôt.
Tel que dans les autres provinces du Canada, différentes approches peuvent permettre de répartir le revenu entre conjoints afin de réduire l'impôt global du ménage. Toutefois, les règles applicables au Québec peuvent parfois modifier l'analyse.
Le partage de la rente du RRQ entre les conjoints peut notamment être avantageux dans certaines situations. L'avantage de cette stratégie dépend toutefois de plusieurs facteurs, dont l'écart des revenus entre les conjoints, leur âge respectif et leur situation fiscale globale.
Une bonne coordination entre la rente du RRQ, les retraits du compte FERR, les rentes de retraite d'employeur et les autres sources de revenus peut améliorer le revenu après impôt d'un ménage pendant de nombreuses années.
5. Le régime d’assurance maladie et d’assurance médicaments fonctionne différemment
Le Québec possède un régime particulier d'assurance maladie et médicaments administré par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).
Cette question est particulièrement importante pour les personnes qui prennent leur retraite avant 65 ans ou qui perdent l'accès à un régime collectif offert par leur employeur. Selon la situation, une personne devra être couverte par un régime privé admissible ou par le régime public.
Les coûts liés à l'assurance maladie et médicaments peuvent représenter une dépense importante à la retraite. Ils devraient donc être pris en compte dans les projections financières au même titre que les impôts, le logement ou les dépenses courantes.
6. Les programmes et crédits gouvernementaux ne sont pas toujours les mêmes
Le Québec offre plusieurs crédits d'impôt et programmes qui diffèrent de ceux offerts dans les autres provinces.
Ces différences peuvent influencer le revenu disponible des retraités et modifier les résultats de certaines décisions financières. C'est pourquoi un conseil lu dans un article canadien général ne s'applique pas nécessairement de la même façon à un résident du Québec.
Les règles provinciales doivent faire partie de l'analyse avant de prendre des décisions importantes liées à la retraite, qu'il s'agisse du décaissement de placements, de la gestion de l'impôt ou de la planification successorale.
Pourquoi est-ce que ces différences sont si importantes
Une bonne planification de la retraite ne consiste pas seulement à déterminer combien d'argent sera nécessaire pour cesser de travailler.
Elle consiste aussi à prendre des décisions judicieuses au bon moment.
Par exemple :
- À quel âge devrais-je demander ma rente de la RRQ?
- Comment puis-je réduire mon impôt durant la retraite?
- Quel est le meilleur ordre de décaissement pour mes comptes de placements?
- Comment protéger mon conjoint ou mes héritiers?
- Comment intégrer mes objectifs successoraux à mon plan financier?
Pour les résidents du Québec, ces questions doivent être analysées à la lumière des règles fiscales, gouvernementales et successorales propres à la province.
Chez Partenaires Financiers Objectifs, nous croyons qu'une bonne planification financière repose rarement sur une seule décision. Les choix liés à la retraite, à la fiscalité et à la succession sont souvent interreliés. Une décision dans un domaine peut avoir des répercussions importantes dans les autres.
Besoin d'une planification de retraite adaptée au Québec?
Les décisions liées à la rente du RRQ, à la fiscalité, au décaissement des placements et à la succession sont souvent interreliées. Une analyse personnalisée peut vous aider à comprendre les options qui correspondent le mieux à votre situation.
Si vous souhaitez obtenir un deuxième avis ou élaborer un plan de retraite adapté à votre réalité, prenez rendez-vous avec l'équipe de Partenaires Financiers Objectifs afin de discuter de votre situation.
Foire aux questions
Oui. Les deux régimes sont comparables, mais ils sont administrés séparément et comportent certaines différences concernant les cotisations et les prestations.
Il n'existe pas de réponse universelle. Le meilleur moment dépend notamment de votre santé, de vos autres revenus, de votre situation fiscale et de vos objectifs de retraite.
Le Québec possède son propre régime fiscal et les résidents produisent deux déclarations de revenus. Le montant d'impôt payé dépend toutefois de nombreux facteurs, notamment du revenu, des déductions et des crédits auxquels une personne a droit.
Le Québec possède des règles successorales particulières qui influencent notamment les testaments, les mandats de protection, le rôle du liquidateur et certaines étapes du règlement d'une succession.
Souvent, oui. Toutefois, elles doivent parfois être adaptées afin de tenir compte des particularités fiscales, successorales et gouvernementales du Québec.
Un planificateur financier qui accompagne des clients québécois doit tenir compte des particularités fiscales, successorales et gouvernementales propres au Québec, en plus des règles fédérales applicables partout au Canada.
Oui. Une stratégie de retraite élaborée sans considérer le RRQ, les règles fiscales québécoises, les crédits provinciaux ou les particularités successorales du Québec risque de passer à côté d'éléments importants. Une planification efficace doit tenir compte à la fois des règles fédérales et québécoises.
Cet article est fourni à des fins éducatives seulement et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les stratégies et les informations présentées peuvent ne pas convenir à votre situation particulière ou ne plus être à jour. Veuillez consulter un professionnel autorisé afin d’obtenir des conseils adaptés à votre situation.